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« Cynisme », « hypocrite »… Violente joute verbale entre la France et l’Italie

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L' »Aquarius » a finalement trouvé un port d’accueil. Le bateau humanitaire se dirige, accompagné de deux autres navires (qui ont embarqué une partie des passagers) vers les côtes espagnoles. Son trajet devrait durer quatre jours, après être resté bloqué dans le sud de la Méditerranée de samedi soir à lundi, face au refus de l’Italie, puis de Malte, de voir le navire accoster sur leurs territoires.

Les critiques contre l’Italie (et son gouvernement des extrêmes ) n’ont pas fait reculer Rome et c’est donc finalement le nouveau gouvernement espagnol qui a tendu la main aux migrants, acceptant que Valence accueille le navire.

Ce qui n’a pas empêché la France et l’Italie de multiplier les échanges musclés, les deux Etats s’accusant mutuellement de ne pas avoir rempli leur rôle vis-à-vis des 629 migrants présents sur le bateau (dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes). « Cynisme », « immonde », « hypocrite »… les coups pleuvent.

Macron dénonce le « cynisme » italien

Après plusieurs jours de silence des autorités françaises, Emmanuel Macron dénonce, mardi, la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien ». Il rappelle « le droit maritime » qui édicte qu' »en cas de détresse, ce soit la côte la plus proche qui assume la responsabilité de l’accueil ».

Le chef de l’Etat appelle donc au « respect du droit international » avant d’affirmer que « si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster » dans un port de l’Hexagone.

« Hypocrite », réplique Conte

Réaction immédiate de Giuseppe Conte, président du Conseil fraîchement nommé : l’Italie n’a pas de « leçons hypocrites » à recevoir sur l’immigration :

« Les déclarations venant de France concernant l’affaire de l »Aquarius’ sont surprenantes et montrent un sérieux manque d’informations sur ce qu’il se passe vraiment. L’Italie ne peut accepter de recevoir des leçons hypocrites de pays qui ont toujours préféré tourner le dos quand il s’agit d’immigration. »

Son ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, affirme dans un tweet que la France « accueille moins de la moitié des demandeurs d’asile qu’accueille l’Italie, et elle dépense 10 euros de moins par personne que l’Italie.

Un député LREM dénonce une position italienne « à vomir »

La tension monte, les propos s’envenimen. Invité sur le plateau de Public Senat mardi matin, le porte-parole de La République en Marche (LREM), Gabriel Attal, juge que « la position italienne est à vomir. » Il s’emporte :

« C’est inadmissible de faire de la petite politique avec des vies humaines. […] Je trouve ça immonde. »

Hors de question pour l’Italie d’accepter cette attaque. Matteo Salvini rétorque :

« Les Français font beaucoup de bruit mais ils ont refusé plus de 10.000 personnes à la frontière avec l’Italie, dont de nombreuses femmes et de nombreux enfants. Je voudrais aussi rappeler que, sur le front nord-africain, nous payons tous l’instabilité apportée par les Français en Libye et dans le sud de la Libye. L’Italie a réveillé l’Europe, j’espère que tous les pays apporteront leur contribution pour atteindre l’objectif commun : défense des frontières, défense de la Méditerranée. »

La France « prend sa part ». Faux, selon l’Italie

Nouveau renvoi, de la part de Benjamin Griveaux cette fois au micro de RTL. Le porte-parole du gouvernement défend la politique migratoire de la France, qui « prend sa part. Mais ce qui est inacceptable, c’est le comportement et l’instrumentalisation politique qui en a été faite par le gouvernement italien. »

Faux, selon le ministre de l’Intérieur italien, qui interpelle directement le président français :

« En ce qui concerne la répartition des demandeurs d’asile, le pays qui est le plus en tort par rapport à l’Italie, c’est la France, parce qu’elle s’était engagée à accueillir 9.816 migrants débarqués en Italie et, en réalité, elle n’en a pris en charge que 640.

J’appelle donc le président Macron […] : Emmanuel, si tu as le cœur aussi gros que tu le dis, nous te donnerons, dès demain, les 9.000 personnes à accueillir. »

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