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Les menaces de Trump sur le commerce brisent l’euphorie de l’économie américaine

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La Maison Blanche envisage de porter à 25 % ses tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars de bien importés de Chine. Malgré les bons chiffres de l’économie, les marchés reculent.

L’économie américaine continue d’engranger les bonnes performances… mais n’a jamais été autant menacée par la guerre commerciale. La Maison Blanche a annoncé mercredi qu’elle envisageait de taxer 200 milliards de dollars de bien importés de Chine (soit environ 40 % des importations chinoises) à hauteur de 25 %.

Une nouvelle manière de faire pression sur Pékin, qui a exhorté ce jeudi les Etats-Unis à retrouver la raison, alors que les négociations s’enlisent entre les deux parties. Jusqu’ici, Washington  envisageait d’imposer une taxe de 10 % sur ces biens. Donald Trump avait chargé son Représentant au Commerce Robert Lighthizer d’étudier la question, il y a quelques semaines.

Mais il aurait durci sa position, lundi, à l’issue d’une nouvelle réunion. La Maison Blanche se plaindrait du peu d’avancées lors des négociations et n’aurait pas apprécié que Pékin mette son veto au rachat de NXP par l’américain Qualcomm.

Les marchés en baisse

Les industries concernées peuvent envoyer leurs observations à la Maison Blanche dans les prochaines semaines. La décision finale ne devrait pas intervenir avant le mois de septembre.

Avec ces nouveaux tarifs, l’impact de la guerre commerciale sur l’économie, qui commence déjà à se faire sentir dans certains secteurs, pourrait être beaucoup plus fort. Pour l’instant, seuls 34 milliards de dollars d’importations étaient frappés de tarifs, principalement des matières premières, des composants et des machines. Des menaces planaient sur 16 milliards supplémentaires. En frappant sur 200 milliards de biens, Washington pourrait faire grimper le prix de biens de consommation, comme l’électronique.

La menace est prise très au sérieux pour les marchés. Hormis le Nasdaq, porté par les résultats d’Apple, supérieurs aux attentes, Wall Street a clôturé en baisse ce mercredi, le Dow Jones perdant 0,32 % et le NYSE 0,47 %.

Certains craignent aussi le ralentissement du marché de l’immobilier. « L’histoire nous l’a montré : quand l’activité immobilière se tarit, c’est le signe que l’économie va affronter des vents contraires, et sans doute plus tôt qu’on ne le pense », écrivait il y a quelques jours Lindsey Piedza, chef économiste de Stifel, dans une note.

Créations d’emplois au-dessus des prévisions

L’économie américaine se porte pourtant à ravir. Après les  chiffres de la croissance du deuxième trimestre , en fin de semaine dernière, supérieurs aux attentes (+4,1 %) et au plus haut depuis quatre ans, ce sont ceux de l’emploi qui ont surpris les observateurs ce mercredi.

Selon l’enquête d’ADP, l’économie américaine a créé 219.000 nouveaux emplois le mois dernier, largement au-dessus des prévisions, qui tablaient sur 185.000 créations. « Le marché de l’emploi ne montre aucun signe de ralentissement, a estimé le vice-président d’ADP Research Institute. Presque tous les secteurs ont affiché de fortes hausses et les embauches dans les PME ont bondi. »

Les chiffres officiels de l’emploi, qui seront publiés par le Secrétariat au Travail ce vendredi, devraient encore battre de nouveaux records. Les analystes s’attendent à ce que le taux de chômage descende à 3,9 %. Tous les voyants semblent donc au vert, d’autant que, sur ces annonces, les rendements des obligations du Trésor américain ont bondi de 3 %.

La Fed avance avec prudence

Signe de la prudence que suscite la situation : la Fed préconise une remontée lente de ses taux d’intérêt. A l’issue de sa réunion, ce mercredi, elle les a gardés inchangés, entre 1,75 % et 2 %, à l’unanimité. Son directeur Jerome Powell prône la prudence et une « remontée progressive », qui doit  éviter la surchauffe de l’économie tout en préservant la croissance. Il garde les yeux rivés sur l’inflation qui reste relativement basse dans un contexte de croissance. Elle est demeurée stable en juin, à 2,2 %, même si certains s’attendent à un rebond dans les semaines qui viennent : plusieurs entreprises ont annoncé des hausses de prix ces jours-ci, afin de répercuter l’envolée des coûts des matières premières.

Vers un bras de fer ?

La réserve fédérale a toutefois insisté sur la bonne santé de l’économie américaine, laissant entendre qu’elle devrait augmenter ses taux lors de sa prochaine réunion en septembre. Deux hausses doivent encore avoir lieu avant la fin de l’année. Ce qui pourrait d’ailleurs annoncer le premier bras de fer entre Jerome Powell et Donald Trump. Le président américain a confié récemment  qu’il n’était « pas ravi » par la hausse annoncée des taux…

VIDEO. Trump et les risques de destitution : le point sur la question

Nicolas Rauline
Bureau de New York

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