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Nigeria: plusieurs lycéennes enlevées par Boko Haram libérées par l’armée

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Plusieurs lycéennes enlevées cette semaine dans le nord-est du Nigeria ont été «secourues» par l’armée, selon les autorités locales, alors que les familles attendaient ce jeudi leur retour avec inquiétude, ignorant combien se trouvaient encore entre les mains des djihadistes.

«Nous ne savons pas combien de nos filles ont été retrouvées et aucun parent n’est sûr que sa fille soit parmi elles», s’inquiétait ce jeudi Inuwa Mohammed, dont la fille de 16 ans, Falmata, était portée disparue. «Certaines» des dizaines de jeunes filles portées disparues après l’attaque, lundi, d’un internat du village de Dapchi, dans le nord est du pays, ont été retrouvées et mises en sécurité par les forces nigérianes, a assuré dans la journée Abdullahi Bego, porte-parole du gouverneur de l’Etat. Il n’a pas précisé le nombre de lycéennes retrouvées, précisant seulement qu’«elles étaient actuellement sous la garde de l’armée nigériane».

Le spectre d’un nouveau Chibok

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Le 14 avril 2014, Boko Haram avait enlevé 276 lycéennes.

Ce rapt a ravivé la crainte d’un «nouveau Chibok», du nom de la ville de l’État voisin du Borno où Boko Haram avait enlevé 276 élèves d’un internat en avril 2014, provoquant une vague d’indignation mondiale. Lundi, les insurgés de Boko Haram, lourdement armés, ont attaqué l’école de filles du village de Dapchi, tirant en l’air et faisant exploser des grenades. Les assaillants «sont restés moins d’une heure», raconte Muhammad Kabo, un vendeur de thé, qui affirme avoir vu «environ neuf véhicules» se diriger vers l’école. Un peu plus tard, «j’ai entendu les filles crier dans le camion et il était clair qu’ils en avaient enlevé certaines», a-t-il ajouté. Safai Maimagani, autre résident de Dapchi, explique qu’un «groupe de combattants, habillés avec des uniformes de l’armée et des turbans noirs, blancs et rouges, ont demandé à un vendeur de rue de les conduire jusqu’à l’école.» Les circonstances de l’attaque et même le nombre de filles enlevées restent très flous, étant donné que la plupart des enseignants et élèves de ce pensionnat de plusieurs centaines de lits avaient fui dans l’obscurité à travers la brousse pour échapper aux djihadistes en entendant des coups de feu.

 

«Un sentiment mitigé d’espoir et d’appréhension»

Une source militaire a déclaré à l’AFP que plusieurs filles de Dapchi avaient été retrouvées «à la frontière entre (les États de) Yobe et Borno». «Les filles ont été abandonnées avec leur véhicule. Il était tombé en panne et les terroristes ont paniqué parce qu’ils étaient pourchassés par les soldats», a ajouté cette source. «La crainte est que certaines des filles aient été emmenées par les terroristes parce qu’elles ne se trouvaient pas dans un seul véhicule (…) Seules celles qui étaient dans le véhicule en panne ont eu de la chance», a-t-il ajouté.

«Nous attendons simplement que les filles soient amenées pour être identifiées physiquement par les parents (…) Les hypothèses les plus folles circulent sur leur nombre (…). Nous attendrons jusqu’à ce que nous puissions les voir», déclarait Inuwa Mohammed, inquiet de ne pas avoir vu revenir sa fille après l’attaque. Un autre proche, Abubakar Shehu, ne voulait pas non plus se réjouir trop vite: «Je n’ai pas dormi la nuit dernière» confiait-il. «Je prie juste pour que ma nièce soit parmi celles qui ont été secourues.»

Des femmes et des enfants sauvés du groupe militant islamiste Boko Haram dans la forêt de Sambisa par l'armée nigériane en 2015.

Le groupe djihadiste Boko Haram, dont le nom signifie «l’éducation occidentale est un péché», mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria ayant fait plus de 20.000 morts. Il a kidnappé des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants, mais c’est l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014, qui avait déclenché une vague d’indignation mondiale, donnant au groupe une tragique notoriété sur la scène internationale. Depuis, 107 jeunes filles ont été retrouvées ou échangées après des négociations avec le gouvernement. Début janvier, plusieurs d’entre elles apparaissaient dans une vidéo diffusée par le groupe, où elles disaient qu’elles ne reviendraient plus et ne voulaient plus quitter le «califat».

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