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A la Une: levée de bouclier contre la CMA à Kidal

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Sous la pression médiatique et politique, la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui administre Kidal depuis plusieurs années, a dû revenir hier soir sur sa décision d’imposer de nouvelles règles dans la ville du nord Mali.

Il faut dire que la CMA avait édicté toute une série de mesures qui s’appliquaient à des domaines généralement dévolus à l’Etat.

Jeune Afrique précise : « par exemple la présence dans la région des étrangers, dont près de 800 travaillent dans l’orpaillage. “Sur le plan du séjour pour les étrangers, chacun doit avoir une pièce d’identité de son pays d’origine, un tuteur local, un permis de séjour de la CMA en cours de validité”, pouvait-on lire dans le document. »

Par ailleurs, poursuit Jeune Afrique, « depuis la crise de 2012, Kidal, qui comptait trois petits restaurants, où les gens pouvaient consommer de l’alcool, n’en possède plus un seul. À partir du 30 janvier, “la vente et la consommation de l’alcool” ont été officiellement interdites. »

Enfin, autre mesure édictée par la CMA, rapporte encore Jeune Afrique : « à Kidal, les cérémonies de mariage avaient lieu la nuit et le maire était appelé à venir célébrer l’union. Avec les nouvelles règles, impossible : “les évènements culturels nocturnes sont désormais non autorisés” », pouvait-on lire dans le document.

Accointances avec la nébuleuse djihadiste ?

Le site d’information malien Maliweb qualifiait hier ces nouvelles mesures de « fatwa, relançant ainsi le débat sur la promiscuité de la CMA avec les nébuleuses djihadistes. L’anomalie majeure du processus réside dans l’unilatéralité de ces mesures, poursuit Maliweb. Nulle mention de concertation avec le gouverneur, représentant légitime de l’Etat malien dans cette région. Nulle mention non plus à la République du Mali. Et, péché capital, pointe le site d’information malien, si elle est politiquement valide, la CMA n’est pas une autorité administrative représentative et habilitée pour signer un acte organisant la vie sur une portion du territoire malien, fût-elle une enclave de fait. C’est à se demander donc pourquoi, s’exclame Maliweb, l’ex-rébellion a pris cet acte politiquement sensible, d’une manière cavalière, et au moment où le retour dans l’armée nationale des déserteurs   ex intégrés Kel Tamasheq et Arabes   occupe et préoccupe l’opinion. »

Véritable provocation envers Bamako

Le Débat, journal malien, avait également violemment réagi hier : « ces nouvelles provocations de la CMA violent non seulement la constitution, mais aussi l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Elles interviennent au moment où l’application de l’Accord atteint sa vitesse de croisière avec le processus de désarmement. Dans un pays laïc comme le nôtre, comment la CMA peut-elle interdire la vente et la consommation d’alcool dans les régions du Nord ? Pis, poursuit Le Débat, nulle part, la CMA ne mentionne le nom du Mali. Donc les détenteurs de la carte d’identité malienne seraient considérés comme des étrangers à Kidal ? En un mot, un Malien se rendant aujourd’hui dans la ville de Kidal devrait forcément avoir un permis de séjour délivré par la CMA. Une décision inacceptable et révoltante, fulmine encore Le DébatUne véritable provocation envers Bamako. Une énième tentative de sabotage de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. »

Enfin Le Pays au Burkina, dans sa dernière livraison, s’interrogeait : « va-t-on vers l’instauration de la charia à Kidal ? […] La CMA n’est-elle pas en train de réhabiliter le projet politique de Iyad Ag Ghali dont l’objectif affiché était d’instaurer un régime islamiste dans la partie septentrionale du Mali ? »

Face à cette levée de boucliers médiatique, mais aussi politique, la CMA a donc décidé de faire marche arrière et d’annuler toutes ses récentes dispositions…

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