Affrontements meurtriers entre Palestiniens et soldats israéliens à la frontière de Gaza

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Deux Palestiniens ont été tués et des centaines d’autres blessés par les forces israéliennes ce vendredi alors que des affrontements ont de nouveau éclaté entre manifestants palestiniens et soldats israéliens près de la barrière séparant la bande de Gaza et Israël. Les violences de vendredi dernier ont déjà fait 19 morts palestiniens.

Les craintes n’ont pas mis longtemps à se vérifier dans les faits: La manifestation de Palestiniens le long de la barrière séparant la bande de Gaza et Israël a dégénéré en affrontements. Des manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens postés à la barrière de sécurité séparant les deux territoires, selon des correspondants de l’AFP sur place. Les militaires ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles. L’une d’entre elle a mortellement touché deux Palestiniens, et quelques deux cents cinquante autres manifestants ont été blessés, a rapporté le ministère de la Santé à Gaza.

Des centaines de Palestiniens étaient rassemblés près de la barrière à l’est de la ville de Khan Younès, dans l’enclave palestinienne contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, ennemi juré de l’Etat hébreu. «Je tomberai en martyr aujourd’hui. Je traverserai la frontière», a lancé Ahmed Abou Ghali, 20 ans, en montrant sa blessure qui a nécessité 20 points de suture, infligée lors des protestations le 30 mars. «J’ai été blessé mais j’ai réussi à fuir l’hôpital».

Israël inflexible

Les manifestants palestiniens incendient des pneus

Certains jeunes Palestiniens ont collecté ces derniers jours de nombreux pneus pour les faire brûler et empêcher ainsi les tireurs israéliens de les voir distinctement. Mais les soldats ont installé un énorme ventilateur de quelque deux mètres de haut avec l’objectif apparent de dissiper la fumée.

Avec les Palestiniens qui continuent d’affluer, cette nouvelle flambée de violences meurtrière était à craindre. Israël a prévenu que les consignes de tir resteraient les même que celles données le 30 mars, la journée la plus meurtrière depuis la guerre en 2014 entre Israël et le Hamas avec la mort de 19 Palestiniens.

L’émissaire du président américain Donald Trump pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, avait lancé une mise en garde aux manifestants, leur demandant de «rester en dehors de la zone tampon de 500 mètres» et de ne «pas s’approcher de la barrière de la frontière de quelque manière que ce soit». «Nous condamnons les leaders et les manifestants qui appellent à la violence ou envoient des manifestants – y compris des enfants – vers la barrière, sachant qu’ils pourraient être blessés ou tués», a ajouté le responsable américain dans un communiqué à la tonalité extrêmement ferme.

Malgré les critiques de l’ONU et de l’Union européenne, qui ont réclamé une «enquête indépendante» sur l’usage par Israël de balles réelles, les responsables israéliens ont refusé de modifier les consignes de tir pour les manifestations prévues après les prières de vendredi. «S’il y a des provocations, il y aura une réaction des plus dures comme la semaine dernière. Nous n’avons pas l’intention de changer les consignes de tir, nous restons sur la même ligne», a prévenu à la radio publique le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman. «Nous n’avons pas affaire à une manifestation mais à une opération terroriste», a ajouté le ministre.

Il a par ailleurs qualifié de «cinquième colonne (…) et de mercenaires» les dirigeants de B’Tselem, une ONG de gauche qui a appelé les soldats israéliens à ne pas tirer vers des Palestiniens non armés. B’Tselem a publié des encarts dans des médias avec comme titre: «Désolé commandant, je ne tire pas». «Soldat, les consignes de tir susceptibles de provoquer la mort de civils ne présentant pas de danger pour des vies humaines, sont illégales», a affirmé l’ONG.

Le bilan s’est alourdi vendredi avec la mort des deux Palestiens à l’est de la ville de Khan Younès, dans le sud de l’enclave palestinienne, tués lors des affrontements à la frontière. Un autre Palestinien touché la semaine dernière par des tirs israéliens a succombé à ses blessures, qui s’ajoute à celle d’un autre tué jeudi lors d’un raid israélien dans la bande de Gaza, ce qui porte à 22 le nombre de Palestiniens tués depuis vendredi dernier. Des dizaines de milliers de Palestiniens avaient afflué le 30 mars près de la barrière séparant Israël de Gaza, au premier jour de «la marche du retour». Quelque petits groupes avaient affronté les forces israéliennes en jetant des pierres.

Les manifestants évacuent leurs blessés lors des affrontements de vendredi

Transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem

Cette protestation, qui doit durer six semaines, vise à réclamer «le droit au retour» de quelque 700.000 Palestiniens chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerrequi a suivi la création d’Israël en 1948. Des milliers de manifestants sont de nouveau attendus vendredi.

«Nous ne nous attendions pas à ce que les Israéliens tirent pour tuer.»

Asaad Abou Sharkh, porte-parole et membre du comité d’organisation de la «Marche du retour».

«Je pense qu’il y a eu une erreur d’organisation de notre part, nous n’aurions pas dû laisser les gens» s’approcher de la frontière vendredi dernier, a affirmé Asaad Abou Sharkh, porte-parole et membre du comité d’organisation de la «Marche du retour». «Nous ne nous attendions pas à ce que les Israéliens tirent pour tuer», a-t-il ajouté. Le Hamas a annoncé qu’il verserait des indemnités de 3000 dollars aux familles de manifestants tués et 500 dollars à ceux grièvement blessés.

Parmi les prochaines périodes à hauts risques figure surtout à la mi-mai le transfert prévu de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Cette décision annoncée en décembre par le président Donald Trump et qui va coïncider avec le 70e anniversaire de la création d’Israël, a ulcéré les Palestiniens. Ces derniers veulent faire de Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. L’ONU ne reconnaît pas l’annexion de Jérusalem-Est par Israël.

La période est d’autant tendue que le 15 mai marque aussi le début du jeûne musulman du ramadan et la commémoration de la «Nakba» (la «catastrophe» en arabe) qu’a représenté pour les Palestiniens la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948. La désespérance dans la bande de Gaza, éprouvée par les guerres, le blocus, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, ajoute à la tension ambiante.

Le figaro

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