[CHRONIQUE] Le dernier transhumant !

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Il ne déroge pas à sa règle. Celle d’accueillir dans les rangs du parti au pouvoir, les transhumants de la défunte galaxie wadienne. Les mêmes qui ont perdu l’ancien chef de l’Etat et qui se recyclent dans le «Wadisme sans Wade» incarné par son successeur. Tapis rouge pour Sada, le dernier transhumant.

Il n’est pas le dernier, mais le plus récent dans la longue liste des prédateurs et criminels économiques mis en cause dans des rapports des organes de contrôle de l’Etat. Le régime actuel et ses tenants auront donc assumé leur changement de position sur des questions de principe, notamment sur les valeurs qu’ils avaient eux-mêmes érigées en règle aux premières heures d’une nouvelle alternance qui n’en sera pas moins une continuité, un relooking des errements de l’ère Wade, avec le talent, l’élégance et la sagesse en moins.

Aura-t-il suffi à Macky Sall moins d’un an d’exercice du pouvoir pour rétablir progressivement les erreurs fatales à son prédécesseur, lorsque les contre-valeurs sont promues, lorsque l’engagement cède la place au reniement, et lorsqu’au plus haut sommet de l’Etat l’on démarche, l’on accueille et l’on recycle les candidats à la transhumance, quels qu’ils soient, pour se donner l’illusion d’une majorité.

«En tant que chargé des élections du Parti démocratique sénégalais, la bande à Oumar Sarr m’a mis à la 17e position sur la liste nationale. J’ai subi beaucoup de choses avec les frères du parti», justifie, dans la presse, l’ancien patron du Coud qui se pose ainsi en victime. Ce serait donc pour des intérêts bassement personnels, égoïstes et de positionnement que le désormais ex-responsable libéral a décidé de rejoindre l’entourage présidentiel, de grossir les rangs de ce qu’il convient d’appeler la grande Alliance pour la république des transhumants.

Quid de sa «gestion laxiste» du Coud relevée par la Cour des comptes dans son rapport 2000 ? Dans un pays où certains refusent de recourir à la mémoire, l’on passe facilement sous silence la bamboula financière dont le socialiste sous Diouf, libéral sous Wade et Mackyste sous Sall aura été l’artisan incontesté. Et dont le nom restera à jamais associé à des faits de détournements. A des dépassements qui ont atteint près de 948 millions de francs Cfa en 1998, alors à la tête du Centre des œuvres universitaires de Dakar, comparé, en son temps, à «une société qui distribue de l’argent à flots en accordant surtout des «subventions illégales» aux amicales, aux délégués et à des particuliers».

Faudrait-il le rappeler, Macky Sall n’a pas été élu pour promouvoir des contre-exemples. Ni pour marchander leur ralliement. Et l’ancien chargé des élections du Parti démocratique sénégalais est loin d’avoir les mains propres pour revenir aux affaires, pour aspirer à quelque niveau que ce soit, à une fonction éventuelle que lui procurerait son ralliement, sa transhumance politique.

Est-il rassurant de constater toutefois, qu’au sein de l’Apr, des voix s’élèvent pour non, pour refuser de dérouler le tapis à des auteurs de crimes économiques qui n’ont pas encore payé leur dette à la société.

Momar Mbaye

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