Donald Trump menace la Russie, puis change de ton

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Un (léger) calme après la tempête ? Les tensions sont montées d’un cran mercredi entre les Etats-Unis et la Russie sur le dossier syrien, après l’avertissement lancé par Donald Trump d’un tir imminent de missiles en représailles à l’attaque chimique présumée près de Damas.

Dès le petit matin mercredi, le président américain avait donné le ton sur Twitter.

« Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et ‘intelligents!’ « « Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela », a écrit Donald Trump ».

« Nous ne participons pas à la twitto-diplomatie. Nous sommes partisans d’approches sérieuses », avait rétorqué un porte-parole du Kremlin, tandis que l’ambassadeur russe au Liban menaçait lui les Etats-Unis de riposte.

« La décision finale n’a pas été prise »

En appui au milliardaire, le Pentagone s’est dit « prêt » à présenter des options militaires pour frapper la Syrie, tandis que le régime de Bachar al-Assad a évacué des aéroports et des bases militaires selon une ONG.

Mais après les tweets présidentiels va-t-en-guerre du matin, la Maison-Blanche s’est montrée plus prudente.

« Le président tient la Syrie et la Russie pour responsables de cette attaque aux armes chimiques », mais si « toutes les options sont sur la table, la décision finale n’a pas été prise », a tempéré sa porte-parole, Sarah Sanders.

Donald Trump a-t-il alors tenté un coup de bluff ? Une manière de souffler le chaud et le froid, comme il l’avait fait avec la Corée du Nord ? Ou souhaitait-il vraiment lancer une opération, avant d’en être dissuadé par ses conseillers ?

Les chefs du Pentagone, Jim Mattis, et de la CIA, Mike Pompeo, se sont en effet également employés à dissiper toute impression d’urgence. James Mattis a assuré être « prêt à fournir des options militaires appropriées comme le président l’a déterminé », tout en assurant en n’avoir pas encore terminé avec l’analyse du bombardement du 7 avril.

« Nous évaluons toujours le renseignement, nous-mêmes et nos alliés, nous travaillons encore sur ce point », a-t-il déclaré. 

« Pire que la Guerre froide »

Moins d’une heure après son message vindicatif, Donald Trump s’est montré plus prudent. Le locataire de la Maison Blanche a déploré que les relations entre les Etats-Unis et la Russie soient « pires aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été, y compris pendant la Guerre froide ».

« La Russie a besoin que nous l’aidions pour son économie, ce qui serait très facile à faire, et nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. »

Un constat d’échec pour le président américain qui avait fait de la relance des relations avec la Russie un des grands objectifs de sa politique étrangère.

La perspective d’une action militaire des Américains, soutenus par la France et probablement le Royaume-Uni, s’inscrit dans un contexte extrêmement difficile entre l’Occident et la Russie. Les relations sont déjà passablement dégradées par l’affaire de l’ex-espion Sergueï Skripalempoisonné par un agent innervant en Angleterre le 4 mars.

Un dialogue de sourds à l’ONU

Des tensions symbolisées par un dialogue de sourds à l’ONU. Un triple vote mardi – rare à l’ONU la même journée et sur le même sujet – sur deux textes russes et un texte américain n’a abouti à aucune adoption.

Mercredi soir, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté les cinq membres permanents du Conseil de sécurité « à éviter une situation hors contrôle » en Syrie, réaffirmant sa « grande inquiétude face à l’impasse actuelle ».

Jugeant la situation « très tendue », le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a dit espérer « que toutes les parties vont éviter tout acte qui ne serait en réalité en aucun cas justifié ».

La France devrait quant à elle annoncer « dans les prochains jours » une « décision » en accord avec les alliés américain et britannique, a dit le président français Emmanuel Macron, assurant que les bombardements viseraient « les capacités chimiques » du régime de Damas.

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