« Paradise Papers » : « Nous préparons des révélations sur les Français »

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Jean-Baptiste Chastand est reporter au « Monde », membre de la cellule qui a enquêté sur les « Paradise Papers », révélations sur l’optimisation fiscale massive à laquelle recourent les plus grosses entreprises et les personnalités les plus riches de la planète. Interview.

Tout commence en 2016, par la transmission au quotidien allemand « Süddeutsche Zeitung » d’une masse de documents par une source anonyme. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette source ?

On ne peut absolument rien dire, et d’autant plus que ces documents ne sont pas passés par « le Monde », mais par le « Süddeutsche Zeitung ».

Dans un communiqué, le cabinet Appleby affirme qu’il n’y a pas eu de fuite provenant d’une source interne, mais qu’il s’agit d’un piratage de ses données informatiques…

C’est ce qu’ils disent. Mais je ne peux pas commenter. Quand on leur donne des documents, les journalistes étudient ce qu’ils contiennent et voient s’il y a matière à publier un article ou pas. Ça ne veut pas dire qu’il faut être naïf sur l’origine d’une information, elle est rarement divulguée de manière purement désintéressée. Mais notre travail, c’est de voir s’il y a un intérêt général à publier une information. Et là, c’était clairement le cas.

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Les « Paradise Papers » arrivent après les enquêtes « OffShore Leaks », les « Panama Papers »… Les grandes promesses de régulation de la finance ne sont donc pas suivies d’effets ?

Il ne faut pas croire que les Leaks précédents n’ont pas eu des impacts, bien au contraire. Elles ont permis de découvrir des failles dans la régulation, qui ensuite ont été colmatées par des changements juridiques – soit dans le cadre d’une négociation internationale, soit dans le cadre d’un changement des réglementations nationales.

Malgré ces colmatages, ces nouveaux Leaks montrent qu’il reste des trous dans la raquette. Le cabinet d’avocats Appleby en est l’illustration. Il promeut partout une image de légalité et de respectabilité, et malgré cela, quand on regarde de près dans ses données, on voit que ce cabinet assiste des particuliers et des multinationales dans des pratiques d’optimisation fiscale.

Ces pratiques ne sont pas forcément illicites. Mais ce qui est légal ou illégal évolue. On s’en rend compte notamment avec les SwissLeaks, qui ont permis de découvrir qu’il y avait des accords fiscaux secrets entre des multinationales et le fisc luxembourgeois. Au moment où c’est sorti, le Luxembourg assurait que tout était parfaitement légal. Quelques années après, ce pays a rendu cela illégal, sous la pression européenne.

Aujourd’hui, les « Paradise Papers » sont-ils une photo de pratiques anciennes, ou toujours actuelles ?

Il y a des choses anciennes – on remonte sur 30 ans d’archives – mais aussi des choses très récentes, puisque nous avons des données qui courent jusqu’à début 2016. La plupart des révélations de dimanche soir sont encore actuelles. La reine d’Angleterre a toujours de l’argent aux îles Caïman, et Wilbur Ross [ministre américain du commerce, NDLR] a encore des actions dans une société qui fait du business avec la Russie.

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