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Quand les vaches de la capitale ont un meilleur sort que les mécaniciens déguerpis

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Le nouveau ministre de l’urbanisme a entrepris une campagne hardie de déguerpissement de ce qui ressemble à un encombrement matériel et humain. Pour ma part j’ai toujours été interloqué par ces coups d’éclat sans lendemain où l’on traite les effets et non les causes, de même que les opérations « set setal », comme s’il était admis que l’hygiène est une coquetterie d’un jour et la saleté une habitude de tous les jours chez les Sénégalais.
On a souvent l’impression d’assister à une opération de promotion personnelle du maire, du ministre ou autres autorités.

Cela dit, l’occupation anarchique de l’espace public me semble être la résultante d’une absence de politique d’aménagement du territoire et de politique d’urbanisme pertinentes. Quelle place l’Etat et les collectivités ont-ils réservé à tous ces métiers, mécaniciens, menuisiers, soudeurs, etc?
L’obsession de la rente immobilière a semble-t-il balayé toute planification urbaine de notre pays.

Dans certains pays les gouvernants réfléchissent aux futurs métiers à l’horizon 2050-2070 et font des planifications en conséquence et pendant ce temps-là nous ne sommes pas encore en mesure de favoriser et de consolider les emplois actuels, notamment dans les sous-secteurs précités.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de défendre l’idée de faire de nos rues un magma d’ateliers hideux et ne répondant à aucune norme de sécurité et d’hygiène, loin s’en faut, mais casser le thermomètre ne fait pas baisser la température, on aura beau les chasser, ils reviendront. D’autres avant vous l’ont fait.

Ces occupations dérangent nos autorités, mais en revanche, ce qui ne semble pas les déranger ce sont ces innombrables troupeaux de vaches qui se la coulent douce dans la capitale, déféquant par-ci, causant des embouteillages par-là dans un pays qui se veut émergeant. Ces troupeaux divaguent partout, renversent et étalent les poubelles en toute tranquillité, personne ne fait rien, d’aucuns parlent de superstition, d’autres disent qu’elles appartiennent à des autorités…

Peut-etre que le jour où elles créeront un accident mortel ou que le cortège d’une hôte de marque du Sénégal devra s’arrêter pour donner la priorité au toupeau on commencera à se poser des questions. Du temps de Président Senghor, les animaux errants étaient « mis en fourrière », tout est question de culture et d’éducation, il était un homme distingué et avait un certain sens de l’ordre lui.

Ibra Khoudia Ndiaye

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