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Vidéo. Senny Camara: chanteuse Sénégalaise, génie de la Kora….

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Son nom ne dit certainement pas grand-chose aux acteurs du monde
culturel, mais Senny Camara est une jeune artiste qui a du talent à
revendre. Elle n’a pas encore sorti d’album, faute de producteur
convenable.
Mais elle projette de mettre bientôt sur le marché sa première production, qui sera un vrai melting-pot.


Senny
Camara est, depuis 2013, la seule Africaine à apprendre la harpe au
Conservatoire de Saint-Denis. Il s’agit notamment de cet instrument de
musique à cordes pincées et souvent triangulaire. Rien ne liait la harpe
à Senny Camara, si ce n’est sa ressemblance avec la kora. Elle fut son
premier instrument. Née à Dakar, Senny Camara a grandi à Tataguine, aux
côtés de sa grand-mère très traditionnaliste.
L’artiste baigne alors
très tôt dans une ambiance culturelle avec les chants de “ndeup’’ et les
envolées lyriques de cantatrices sérères, lors de combats de lutte.
C’est à cette période que la musique est devenue sa passion. “J’aimais cette ambiance et j’y ai trouvé ma voie’’, indique-telle.
C’est
ainsi qu’elle a décidé de quitter l’école, après y avoir passé quelques
années. Elle devient animatrice musicale dans des hôtels de la Petite
Côte. Par la suite, elle a commencé à chanter dans l’orchestre de
l’hôtel où elle travaillait. “A un moment, je me suis dit pourquoi pas
ne pas apprendre à jouer de la musique. J’ai acheté une kora et j’ai
commencé. Des amis m’ont alors suggéré d’aller à l’Ecole des arts de
Dakar. C’est làbas ou j’ai appris mes premières leçons’’,
explique-t-elle. De la kora, elle s’oriente vers la guitare. “J’ai
appris toute seule la guitare, à ma manière. Je suis gauchère. Pour
trouver une guitare pour une gauchère, c’était trop compliqué. J’ai mal
appris à jouer de cet instrument. Mais, je l’ai fait à ma manière’’, dit
Senny Camara.
En
2000, une nouvelle page s’ouvre pour elle. Elle arrive à Paris où elle
retrouve son mari. Un grand changement s’impose à elle. Elle y reste 16
ans, avant de décider de retourner à l’école. Arrivée au Conservatoire
de Saint-Denis pour des cours de guitare, elle se retrouve en
apprentissage de la harpe. “Il est difficile, pour un adulte,
d’apprendre à jouer de la guitare, surtout que je jouais de la guitare
suivant mes feelings. Personne ne m’a appris à jouer de cet instrument.
Il était difficile de trouver une place au conservatoire et le directeur
m’a demandé si je savais jouer d’un autre instrument. Je lui ai dit que
j’apprenais à jouer de la kora qui est un peu comme une harpe
africaine. Il m’a dit que c’était intéressant et qu’il y avait la harpe
celtique au niveau de l’école”, raconte Senny Camara. “Je me disais que
je ne perdais rien à essayer de jouer de cet instrument nouveau pour
moi. J’ai fait six mois et j’ai bien aimé, parce que ça ressemble
à
la kora. Depuis trois ans donc, j’apprends à manier la harpe celtique et
à jouer de la musique irlandaise. Je fais un mélange de la harpe et de
la kora”.

Senny Camara puise un peu partout pour
faire ses compositions musicales. Les thèmes qu’elle traite sont autant
variés que les rythmes qu’elle propose. Elle parle de la situation des
enfants de la rue, de l’esclavage, de la paix, du vivre ensemble et du
partage. En France où elle est établie, elle se désole de voir des
enfants dans la rue mendier. “Ils viennent de l’Est pour mendier. On
voit des enfants de 5 à 6 ans tendre la main.
La première fois que j’ai vu cela, ça m’a choquée. Je croyais que c’était qu’au Sénégal qu’on voyait des enfants mendier.
Ça m’a serré le coeur. « C’était trop dur’’, confesse cette maman de deux garçons.
“J’attends le bon producteur”
Dynamique,
elle s’investit à conscientiser les mères dont les enfants mendient
dans les rues de Paris. “Je parle tout le temps avec les mamans. Et ce
n’est pas évident, parce que, le plus souvent, elles ne parlent pas
français. Je leur dit qu’il ne faut pas éduquer un enfant dans la rue”,
indique-t-elle.
Elle chante en wolof, mandingue, français et anglais.
Elle a repris et réécrit un morceau de Khar Mbaye Madiaga et de Mahawa
Kouyaté qui sont ses idoles. Aussi, elle a repris un morceau
traditionnel sérère qui parle d’esclavage ainsi que “Redemption Song’’
de Bob Marley. Elle a participé dans des
festivals et dans de petites salles de concert.
Aujourd’hui,
elle souhaiterait sortir son premier album. Pour cela, ce n’est pas des
propositions qui manquent. Mais elles ne lui conviennent pas. “Je prends mon temps pour analyser les différentes propositions. J’ai déjà fini quelques morceaux. »
J’attends le bon producteur”, dit-elle. L’album sera un cocktail musical. Elle y travaille avec un Ougandais, une Brésilienne et un guitariste hollandais.
Par
ailleurs, Senny Camara travaille sur un projet de musique
afro-électronique, qui s’appelle “Moussolou’’, qui signifie femme en
langue mandingue. Le projet réunit sept artistes de différents pays qui
se battent pour l’amélioration des conditions des femmes. Lors de leurs
prestations, elles s’habillent en noir et blanc. “Le noir et le blanc,
c’est fort.
Ce n’est pas seulement des couleurs. Mais des valeurs. Ça
parle du rôle de la femme dans la société. Il y a tellement de préjugés
qui entourent les femmes. Et c’est ce que nous dénonçons”, défend
l’artiste.
Le clip “Moussolou”, qui passe sur YouTube, est une
mixture de musique électronique et de rythmes africains. Sa voix y
résonne comme une complainte. Senny Camara invite à un retour aux
sources, aux us et coutumes.

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